Qu'est-ce qui a réellement changé pour le LMNP en 2026 (et qu'est-ce qui n'a pas bougé) ?
| Sujet | Avant | Maintenant | Impact colocation longue durée |
|---|---|---|---|
| Plus-value à la revente | Calculée sur le prix d'achat plein | Amortissements déduits réintégrés (LF 2025) | Réel mais différé — voir ci-dessous |
| Micro-BIC tourisme non classé | Abattement 50 %, plafond 77 700 € | 30 %, plafond 15 000 € (loi Le Meur) | ❌ Aucun : ne vise que la courte durée |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % (CSG 9,2 %) | 18,6 % (CSG 10,6 %, LFSS 2026) | ⚠️ Oui : le meublé est concerné, la location nue non |
| Micro-BIC tourisme classé | Abattement 71 % | 50 %, plafond 83 600 € | ❌ Aucun : ne vise que la courte durée classée |
| Micro-BIC longue durée | 50 % / 77 700 € (revenus 2025) | Inchangé : 50 %, plafond relevé à 83 600 € (revenus 2026) | ✅ Statu quo |
| Régime réel + amortissements | Charges + amortissements déductibles | Inchangé | ✅ Le cœur du réacteur est intact |
| DPE | — | G interdit à la location depuis 2025, F en 2028 | À intégrer à l'achat (budget travaux) |
Lecture d'ensemble : les réformes récentes ont ciblé la location touristique courte durée (Airbnb) et corrigé une anomalie de sortie (plus-value). Le mécanisme central du LMNP en 2026 — amortir le bien pour effacer l'impôt sur les loyers de longue durée — est intégralement préservé. La colocation à l'année encaisse une seule vraie hausse, celle des prélèvements sociaux, et elle ne mord que sur la fraction de loyer effectivement imposable : quand l'amortissement ramène la base à zéro, 18,6 % de zéro font toujours zéro.
Quel est l'impact chiffré de la réintégration des amortissements ?
Depuis 2025, à la revente, le prix d'acquisition est minoré des amortissements déduits (mécanique détaillée dans notre article amortissement LMNP). Faut-il pour autant renoncer au réel ? Faisons le calcul sur 10 ans de détention : 8 500 €/an d'amortissements déduits économisent 8 500 × 47,2 % ≈ 4 000 €/an d'impôt (TMI 30 %), soit ~40 000 € sur la période. À la revente, ces 85 000 € réintégrés génèrent une plus-value supplémentaire taxée à 19 % + 17,2 % après abattements de durée — soit nettement moins de 30 000 € dans la plupart des cas réels, et 0 € si vous détenez longtemps (exonération IR à 22 ans, PS à 30 ans) ou ne vendez pas.
La conclusion pratique
Le réel reste gagnant dans quasiment tous les scénarios — l'écart s'est resserré uniquement pour les détentions courtes (< 8-10 ans) avec forte plus-value. La réforme est une incitation à détenir longtemps, pas une raison de fuir le statut.
Qui échappe à la réintégration des amortissements ?
La règle n'est pas aussi absolue qu'on le lit parfois. Deux exceptions notables adoucissent la réintégration — le législateur a laissé quelques portes ouvertes, ce qui, de sa part, tient presque du geste tendre.
En revanche, pas d'échappatoire par l'ancienneté
Beaucoup ont espéré que seuls les amortissements pratiqués à partir de 2025 seraient concernés. Ce n'est pas le cas : la réponse ministérielle à la question n° 10097 de Mme Sophie Mette, publiée au JOAN le 24 mars 2026, précise que la mesure vise les cessions réalisées à compter de l'entrée en vigueur de la loi « quelle que soit la date de mise en location du bien ». Les amortissements déduits avant 2025 sont donc réintégrés eux aussi, y compris sur un bien loué depuis dix ans.

- Le mobilier n'est pas réintégré : seuls les amortissements du bâti (et des travaux) viennent minorer le prix d'acquisition à la revente. Les amortissements du mobilier et de l'électroménager, eux, restent acquis sans contrepartie.
- Les résidences services sont exonérées : les logements en résidences étudiantes, seniors et EHPAD échappent à la réintégration — leurs amortissements ne majorent pas la plus-value. Une niche dans la niche, pensée pour ne pas assécher ces marchés.
Pour une colocation à l'année en direct, c'est donc la part bâti qui est concernée — atténuée par les abattements de durée et par le fait que le mobilier sort du calcul. Et rappelons-le : la loi de finances 2026 n'a pas touché au régime pendant la détention. Ni le micro-BIC longue durée, ni le régime réel, ni le plafond d'amortissement n'ont bougé. Les gros titres « la fin du LMNP » sont, une fois de plus, très en avance sur les faits.
Qu'est-ce que ça change concrètement pour votre stratégie ?
- La colocation longue durée sort renforcée : le durcissement de la courte durée (micro-BIC raboté, réglementations locales sur les meublés touristiques) pousse des bailleurs vers la location à l'année — et le différentiel d'attractivité fiscale joue désormais clairement pour la longue durée.
- Horizon de détention : pensez 10 ans et plus — c'est là que le couple amortissement/abattements de durée donne son plein rendement. Bonne nouvelle : c'est déjà l'horizon naturel d'un investissement en colocation.
- Le DPE est devenu un critère d'achat central : un bien G est interdit de location depuis 2025, F le sera en 2028. Soit vous l'écartez, soit vous l'achetez décoté avec un budget rénovation sérieux — jamais « on verra plus tard ».
- Le LMP en ligne de mire si vous grossissez : au-delà de 23 000 € de recettes meublées ET plus que vos autres revenus d'activité, le passage en loueur professionnel (cotisations sociales, autre régime de plus-values) se prépare avec un comptable.
En synthèse : le LMNP au réel demeure en 2026 le régime le plus efficace du locatif résidentiel français — c'est celui que nous appliquons sur toutes nos opérations de colocation. Les fondamentaux du choix micro-BIC vs réel sont inchangés, et détaillés dans notre comparatif dédié.





