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Déficit foncier : le levier fiscal de la location nue (10 700 € et au-delà)

Déficit foncier : le levier fiscal de la location nue (10 700 € et au-delà)

Le déficit foncier naît en location nue au régime réel, quand vos charges déductibles dépassent vos loyers — typiquement l'année de gros travaux. Il s'impute jusqu'à 10 700 € par an sur votre revenu global, donc sur votre salaire, et le surplus se reporte sur les dix années suivantes.

Comment fonctionne le déficit foncier quand les charges dépassent les loyers ?

Le déficit foncier naît en location nue au régime réel, quand vos charges déductibles dépassent vos loyers — typiquement l'année de gros travaux. Ce déficit ne se perd pas, il s'impute selon une mécanique précise :

  1. La part issue des charges hors intérêts d'emprunt s'impute sur votre revenu global (salaires compris) jusqu'à 10 700 € par an — elle réduit directement l'impôt de votre foyer.
  2. La part issue des intérêts d'emprunt et l'excédent au-delà de 10 700 € se reportent sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes — vos futurs loyers nus seront défiscalisés d'autant.

Exemple : 8 000 € de loyers, 30 000 € de travaux, 4 000 € d'autres charges. Déficit de 26 000 € → 10 700 € imputés sur le revenu global cette année (soit ~3 200 € d'impôt en moins à TMI 30 %), et 15 300 € en réserve qui effaceront les loyers des années suivantes.

Plafond doublé pour la rénovation énergétique

Pour les travaux de rénovation énergétique faisant sortir un bien du statut de passoire (E, F ou G vers A-D), le plafond d'imputation sur le revenu global est porté à 21 400 €/an (dispositif prolongé pour les dépenses de rénovation énergétique — le calendrier a déjà été reconduit une fois, vérifiez la date limite en vigueur avant de vous lancer). Conjugué à la décote d'achat des passoires, c'est un vrai levier d'opération.

Quelles charges créent du déficit (et lesquelles jamais) ?

  • Déductibles : travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration (cuisine, salle de bain, électricité, isolation…), taxe foncière, charges de copropriété, primes d'assurance, frais de gestion, intérêts d'emprunt et frais de dossier.
  • Jamais déductibles : travaux de construction, reconstruction ou agrandissement (surélévation, extension, transformation lourde changeant la structure) — ils s'ajoutent au prix de revient pour la plus-value, mais ne créent pas de déficit.
  • Zone grise à documenter : une rénovation lourde qui ne touche ni volume ni structure reste de l'amélioration déductible ; conservez factures détaillées et descriptifs — c'est le point de contrôle favori de l'administration.

Condition de stabilité : le bien doit rester loué (nu) jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation sur le revenu global, sous peine de reprise de l'avantage. Vendre ou meubler trop tôt, et le fisc reprend d'une main ce qu'il a lâché de l'autre.

Que devient le déficit les années suivantes ?

Le déficit n'est pas un feu de paille de la première année : ce qui dépasse les 10 700 € part en réserve et travaille pour vous jusqu'à dix ans. Reprenons l'exemple — 8 000 € de loyers, 34 000 € de charges dont 30 000 € de travaux, soit 26 000 € de déficit — et suivons-le dans le temps.

Chantier de rénovation générant du déficit foncier en location nue
Les travaux d'amélioration alimentent le déficit foncier — la reconstruction, elle, n'y donne pas droit.
Suivi d'un déficit de 26 000 € (hypothèse simplifiée, hors intérêts)
AnnéeImputé sur le revenu globalReport restant sur revenus fonciers
N (travaux)10 700 € (≈ 3 200 € d'impôt en moins à TMI 30 %)15 300 €
N+1≈ 7 300 € (les loyers nets N+1 sont effacés, ~8 000 € consommés)
N+20 € (solde consommé, loyers de nouveau imposés)

Deux règles à retenir. D'abord, la part du déficit issue des intérêts d'emprunt ne rejoint jamais le revenu global : elle ne s'impute que sur des revenus fonciers, présents ou futurs. Ensuite, le report sur le revenu global est plafonné à 10 700 € par an — un déficit énorme la même année ne s'impute pas d'un coup sur votre salaire, il s'étale. D'où l'intérêt, pour les gros chantiers, d'étaler les travaux sur deux exercices fiscaux plutôt que de tout payer en décembre.

Déficit foncier ou LMNP : lequel choisir ?

Déficit foncier (nu) vs LMNP réel (meublé)
CritèreDéficit foncierLMNP réel
Effet fiscal principalRéduit l'impôt du foyer (jusqu'à 10 700 €/an, ponctuel)Efface l'impôt sur les loyers (durable, via amortissements)
LoyersLocation nue (loyers plus faibles)Meublé/colocation (loyers 15-80 % plus élevés)
HorizonPuissant l'année des travaux, s'épuise ensuiteRégulier sur 10-20 ans
Profil idéalTMI élevée + gros travaux + volonté de louer nuInvestisseur rendement (colocation, meublé)

Notre lecture : le déficit foncier est un excellent outil ponctuel pour un contribuable fortement imposé qui rénove lourd — mais sur la durée, le couple meublé + amortissement génère à la fois plus de loyers et moins d'impôt. Pour une stratégie colocation, le LMNP au réel reste la voie royale ; le déficit foncier est l'arme des amoureux du nu.

Questions fréquentes

Comment fonctionne le déficit foncier ?

En location nue au réel, quand les charges (travaux, taxe foncière, assurances…) dépassent les loyers, le déficit s'impute sur votre revenu global jusqu'à 10 700 €/an (hors part des intérêts d'emprunt), le surplus se reportant sur vos revenus fonciers des 10 années suivantes.

Quels travaux sont déductibles des revenus fonciers ?

Les travaux de réparation, d'entretien et d'amélioration (rénovation de cuisine, salle de bain, électricité, isolation…). Les travaux de construction, reconstruction ou agrandissement ne sont jamais déductibles — ils majorent seulement le prix de revient pour la plus-value.

Le déficit foncier est-il mieux que le LMNP ?

C'est un outil ponctuel puissant (surtout à TMI 41-45 % avec de gros travaux), mais sur la durée le LMNP au réel cumule loyers meublés plus élevés et amortissements qui effacent l'impôt chaque année. Pour une stratégie de rendement type colocation, le meublé l'emporte presque toujours.

Quel est le plafond du déficit foncier en 2026 ?

10 700 € par an d'imputation sur le revenu global (hors part des intérêts d'emprunt), le surplus se reportant sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Ce plafond est porté à 21 400 €/an pour les travaux de rénovation énergétique sortant un bien du statut de passoire — un dispositif dont le calendrier a déjà été reconduit, à vérifier avant de lancer le chantier.

Rémi Dupont

Article rédigé par Rémi Dupont

Cofondateur de Colivo

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